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Questions & commentaires ?
 

Bibliographie :

Georges Fabre, Pierre Sillières, Inscriptions latines d'Aquitaine (ILA), Ausonius, Bordeaux, 2000, 254 pages


Histoire de Lectoure, sous la direction de Maurice Bordes, Lectoure, 1972


Sites et monuments du Lectourois, sous la direction de Maurice Bordes, Lectoure, 1974.


Deux siècles d'Histoire de Lectoure (1780-1980), Syndicat d'initiative, Lectoure, 1981.


Maarten Jozef Vermaseren, Corpus Cultus Cybelae Attidisque, Brill, 1997 [3]; inscriptions de Lactora en p. 84 et suivantes.


Robert Duthoy, The Taurobolium : its evolution and terminology, E. J. Brill, Leiden, 1969


Margherita Guarducci, Phrygianum del Vaticano, in La soteriologia dei culte orientale nell'imperio romano, colloque international, Rome, 1979, Leiden, E. J. Brill, 1982


Robert Turcan, Les cultes orientaux dans le monde romain, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Histoire », 1992


Et sur YouTube, une vidéo très bien faite : C'est pas sourcé.

 

Visitez la Tauropole (suite),

ou : c'est nous qu'on a la plus grosse (mais on est pas plus fiers pour autant).

La plus grosse collection d'autels tauroboliques du monde. Inutile de finasser, c'est un fait, à moins qu'on ne me prouve le contraire — ce qui reste une possibilité ouverte en permanence.

    On me dira que c'est une bien vaine fierté, que ces vieux blocs de marbre ne sont pas les plus belles choses du monde, ni les plus intéressantes. On est d'accord. Mais enfin, dans la toute petite famille des Lactorates, on dirait que plus personne ne veut assumer la très ancienne réputation d'être les plus vantards, les plus fiers, les plus imbus de leur gloire passée, de tous les Gascons, ce qui n'est pas un mince compliment. On fait les modestes, même si pour une fois les faits pourraient nous donner raison.

Une partie de la collec'. Un peu en vrac. (Wikimedia Commons©Morburre)

    À propos de notre collection d'autels tauroboliques, on nous dit du bout des lèvres que c'est la deuxième d'Europe, après Rome. Avant, on précisait au XVIe siècle, et on avait peut-être raison, mais ce n'est pas certain. Il est hors de question de nier que Rome a eu une quantité phénoménale de ces autels, sur la colline du Vatican, le Vaticanus mons dont je vous parlais, mais c'est au début du XVIIe siècle (1618) qu'on en a découvert des quantités, déjà cassés en menus morceaux. Pour ceux qui restent, on nous parle du musée du Vatican. Le musée du Vatican n'existe pas : ce sont les musées du Vatican, il y en a je ne sais combien, je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller les visiter. Tout ce que je peux dire, c'est que je n'ai trouvé aucune mention d'autel taurobolique dans aucun. Ça ne prouve rien. Ils sont bien quelque part (un d'entre eux, découvert en 1919, serait maintenant dans les réserves du Vatican). La ressource ultime, c'est le Corpus Cultus Cybelae Attidisque (voir biblio ci-contre) qui recense tous les monuments du culte de Cybèle et d'Attis, ouvrage très savant, très cher, qu'on ne trouve que dans les bibliothèques ou, par petits bouts (mais jamais celui qu'on cherche), sur internet. D'après ce que j'ai retiré de mes enquêtes, il y aurait à Rome une quinzaine d'autels, dont je sais peu de choses sur les caractéristiques et les qualités, et rien sur l'endroit où ils se trouvent, s'ils se trouvent encore. Le problème avec les recensions savantes (comme le CIL, Corpus Inscriptionum Latinarum), c'est qu'il y a à peu près tout dedans, y compris des pièces relevées jadis, mais totalement disparues, sans parler des monuments qui n'ont pas d'inscriptions donc pas mentionnés dedans, sans parler des autels à Cybèle ou à Mithra qui ne sont pas tauroboliques (tel celui de Conjux, en Savoie) ; et enfin, selon des sources moins scientifiques, des monuments dont l'attribution est incertaine et pour d'autres, totalement fantaisiste : à Fontvieille, l'autel de la Coquille est parfois dit taurobolique alors qu'il n'a rien à voir. Un autel au Mont-Dol, en Bretagne, disparu s'il a jamais existé, relève d'une invention farfelue.

Pour le moment donc, quantitativement et parlant d'une collection cohérente en un lieu donné, nous restons en tête. Dès que j'aurai accès à plus d'informations, je préciserai les choses, quitte à avouer ma défaite avec un panache aussi gascon que ma présomption initiale.

    Pour la France, enfin la Gaule, on nous disait que nous avions la moitié des autels conservés en France. Faux. En comptant bien, il y en a beaucoup plus que la quarantaise supposée (on toucherait, selon Robert Turcan* citant un autre auteur, à la soixantaine, ce qui nous met à un tiers, et qui n'est déjà pas si mal).

La collec' de Lyon au complet. (Wikimedia Commons©Morburre)

Inventaire sommaire

    À Lyon, capitale des Gaules, au musée gallo-romain de Fourvière, il y en a cinq, de tailles variables mais respectables. À Valence (Drôme), deux. Et dans la même région, à Châteaubourg-sur-Isère, un à l'intérieur de l'église que je n'ai pas pu voir, un à Tain-l'Hermitage, très connu, qui trônait au milieu de la place du Taurobole avant qu'on ne le remplace par une copie exécrable. Au musée de Die, trois autels, et dans la ville, un encastré dans un mur, deux dans des collections privées, sans parler d'un autre qui a disparu. Au Pouzin (Ardèche), près de Valence, un autel encastré dans un mur (que je n'ai pas retrouvé). Plus bas, un autel au musée Calvet d'Avignon, un au musée lapidaire de Riez, un dans la façade de la cathédrale de Vence, un dans l'hôtel de ville de Caveirac (Gard), un dans la crypte de l'église des Saintes-Maries de la Mer (un autel taurobolique, mais consacré à Mithra, on veut bien le compter), un autre trouvé en 2004 à Porquerolles. À Narbonne, des morceaus représentant neuf autels dont beaucoup sont perdus. En Aquitaine, un à Bordeaux, un à Périgueux, et nos 20 de Lectoure (22 trouvés, deux perdus). Enfin, pour la Gaule celtique, un à Metz, un à Vesoul, un (morceau) à Poitiers, un à Texon près de Flavignac (Haute-Vienne).

Autel de Bordeaux, autel des Dendrophores de Valence, autel de Texon, autel de Tain-l'Hermitage (la « copie » actuelle). Photographies Wikimedia Commons ©Inconnu ©Morburre ©Nbba

    Pour les autres pays le total n'est pas extraordinaire non plus. Deux autels à Athènes en Grèce, un ou deux en Algérie, quelques-uns en Espagne et au Portugal — qui a aussi des autels uniquement crioboliques (sacrifice d'un bélier).

    J'ai certainement des lacunes, mais a priori il n'existe aucune collection comparable à celle de Lectoure, ni en Europe, ni en Afrique, ni, disons-le, dans le monde. Ne serait-ce que pour de basses raisons commerciales, augmenter la fréquentation du musée, et améliorer un peu la présentation, cela vaudrait peut-être la peine d'être dit, et connu❦